Né à Belcourt, Hacène Benaboura est présenté par Jean Brua en 1957 dans « Alger-Revue » comme « le dernier survivant de la lignée des Aboura », princes turcs, et des frères corsaires Barberousse. Son père, maquignon, possède plusieurs immeubles de la Casbah. Après une courte scolarité, Hacène Benaboura entre à la manufacture d'allumettes du Hamma. Engagé en 1912, combattant de la guerre 1914-1918, il est ensuite peintre en carrosseries automobiles, profession qui se trouve ruinée par l'apparition du pistolet.
Dessinant depuis l'enfance Hacène Benaboura est alors attiré par la peinture, ses promenades au Jardin d'essai lui ayant fait découvrir les peintres Maxime Noiré et José Ortéga au travail. Il se tourne en autodidacte vers la peinture autour de 1927 et s'y consacre à partir de 1944, ses thèmes étant des vues du port et des quartiers d'Alger, Belcourt, la Casbah, Le Ruisseau. Il participe la même année à une présentation collective et en 1946, René Famin organise sa première exposition personnelle à la Galerie du Minaret.
En 1955 Benaboura obtient le prix Aletti et en 1957, après l'avoir manqué de peu en 1954 en arrivant en deuxième position, le Grand prix artistique de l'Algérie. Il se voit confier plus tard les fresques de la nouvelle école de Belcourt (Rue des Mûriers), quartier qu'il n'a jamais quitté. En 1958 Edmond Charlot l'expose à la galerie Comte-Tinchant et ses amis organisent un repas d'honneur qui réunit notamment les peintres Mondzain, Galliéro, Bénisti, René Sintès, Albagnac, Gisèle Mianes, Jean Brune, Assus et Edmond Charlot.