Aïcha Haddad nait à Bordj Bou Arreridj en 1937. Sa vie et son œuvre sont marquées par l'histoire de sa famille, celle de la tribu des H'Chem de Medjana et les liens chargés d'histoire de cette province du nord des Hauts Plateaux, où elle passe son enfance et son adolescence.
En 1954, alors étudiante infirmière et âgée à peine de 17 ans, elle est l'une des premières femmes à rejoindre les rangs de l'ALN (Armée de libération nationale). En 1956, au terme de ses études, elle rejoint le maquis et participera au Congrès de la Soummam. Mais elle est arrêtée par l'armée coloniale française puis internée pendant plus de quatre ans.
En 1962, à sa libération, elle s'installe à Alger et entame des études d'art dans la classe de Camille Leroy, à la Société des Beaux Arts d'Alger. À partir de 1966 et jusqu'en 1988, Aicha Haddad poursuit une longue carrière dans l'enseignement des arts plastiques au Lycée Omar-Racim d'Alger, y encourageant les vocations artistiques. De 1983 à 1988, elle occupe le poste d'inspectrice de l'Education Nationale.
En 1972, sa première œuvre présentée dans le cadre d'une exposition collective à l'ex-Galerie des Quatre-Colonnes à Alger et primée au Concours de la Ville d'Alger, lui ouvre les portes de la notoriété. Parallèlement à sa vocation d'enseignante, elle mène une vie de femme engagée dans le milieu artistique algérien et devient en 1973, membre de l'Union Nationale des Arts Plastiques (UNAP) et en 1975, membre de l'Union Générale des Peintres Arabes (UGPA). C'est aussi le début d'une longue amitié avec les peintres Baya et Souhila Bel Bahar.
Entre 1974 et 2002, se succédent expositions personnelles et collectives tant en Algérie qu'à l'étranger. Au cours de ses voyages et visites de musées, galeries et foires internationales d'art, elle découvre des modes d'expression multiples et des artistes déterminants pour l'évolution de son art : Gaudi, Tinguely, Niki de Saint Phalle, César, Arman, Peï.
La carrière d'Aïcha Haddad est récompensée par de nombreuses distinctions nationales et internationales. En mars 2003, l'Etablissement Art et Culture de la Ville d'Alger institue un prix portant son nom et destiné à récompenser, annuellement, la meilleure peinture féminine. En 2005, elle meurt à Alger, à l’hôpital Mustapha-Pacha, des suites d’une longue maladie. En hommage à sa carrière et son engagement au service de l'Art, une salle du Musée National des Beaux-Arts d'Alger porte son nom. En 2013, huit ans après sa mort, à l'occasion de la Journée internationale des femmes mais également du cinquantenaire de l'indépendance algérienne, une de ses peintures et une de ses sculptures figure en bonne place dans une exposition collective de femmes algériennes artistes. En 2014, une exposition collective est organisée à Alger pour lui rendre encore hommage.